Imaginez, un soir en rentrant d'une soirée sympathique, un inconnu vous barre la route et vous vole votre téléphone, vos bijoux et objets précieux. Vous avez de la chance, dans sa fuite, il échappe sa carte d’identité. Coup de chance dans votre malheur. Vous allez donc porter plainte contre ce malotru au commissariat le plus proche. Et là, alors que vous disposez de tous les éléments, des preuves vidéos, des caméras ayant filmé la scène, horreur : on vous annonce que le jugement aura lieu entre 12 et 16 mois plus tard.
C’est une injustice. L'inefficacité de la justice vous saute aux yeux, vous savez pertinemment qui est responsable mais vous êtes impuissant·e.
C’est pourtant ce qui arrivait chaque jour à vos grands-parents de l’an 2025.
La dette publique avait atteint un niveau tellement élevé qu’il était impossible d’investir davantage dans la justice. Seule solution pour lutter contre ces injustices : l’efficacité à tous les niveaux. Raison pour laquelle ORACLE a été créé.
En 2025, la France était le premier pays européen en termes de production de data et d’open data. Dans cette droite lignée, les Jeux Olympiques de Paris ont permis de faire accepter massivement l’usage de l’intelligence artificielle pour le maintien de l’ordre. Mais plus que d’utiliser des algorithmes sur des images, les millions de touristes et de Francilien·nes qui sillonnent Paris ont permis d’entraîner une IA. Au-delà de l’usage, l'entraînement d’un nouveau type de réseau de neurones était possible. Prévenir les crimes, détecter les incivilités, et ainsi permettre de réduire les actes de délinquance était devenu un horizon atteignable.
Dopé par la nécessité de réduire le déficit budgétaire de l’époque et la montée des partis d’extrême droite et de l’idéologie sécuritaire qui en découle, ORACLE est né.
La justice prédictive est en sens un continuum complexe, que nous percevons en 4 phases distinctes (voir schéma ci-dessous !) :
La justice prédictive revêt en réalité deux enjeux majeurs qui guident nos travaux : d’une part l’idéal de justice, et d’autre part l’efficacité de la justice, le maintien de l’ordre social. Cette notion résumée par Goethe au début du XIXème siècle par la citation “Je préfère commettre une injustice que tolérer un désordre” expose toute la tension qui sous-tend la question. Nous devons préférer l’ordre à la justice. Le respect du contrat social est-il en ce sens plus important que l’idéal superare divos de justice morale
